Feed : le paradoxe de la startup nation

Salut à toi jeune percuté,

Je vais parler aujourd’hui de la Startup Foodtech Feed, du paradoxe infini qu’elle représente pour moi et de ce que tu peux en tirer à un niveau individuel.

Si tu veux regarder la vidéo, c’est en pied de page que ça se passe, si tu aimes les articles, poursuis donc ton chemin.

On va commencer au début.

Feed c’est une entreprise qui fait des repas en poudre pour permettre à tout ceux qui veulent gagner du temps de manger sainement et de manière équilibrée, même s’ils ont un entrainement entre midi et deux ou s’ils ont des journées très chargées.

D’un autre point de vue Feed, avec le parcours de son fondateur et son implication dans le caritatif montre combien une entreprise qui a des valeurs peut avoir un impact positif. Je m’explique : en plus de faciliter l’accès à des repas sains pour ceux qui ont du mal à se les payer , Anthony Bourdon a une véritable volonté de rendre le monde meilleur grâce à son programme d’aides aux associations.

C’est là le paradoxe de cette entreprise et ce qui me met profondément en rogne.

D’un côté feed c’est tout ce que je déteste voir : un produit qui peut facilement être dévoyé de son intention première et mal utilisé. Clairement, si tu traines sur n’importe quel groupe facebook de même type « Neurchi » tu vois que feed a vité été associé à une culture toxique au travail où manger est inutile et où certains managers n’hésitent pas à dire  » pas besoin de manger tu prends un feed à ton bureau et tu finis la présentation pour 14h ».

Ne pensez pas que je rigole en disant cela. je vous laisse découvrir une image ou deux sur le sujet.

Ces personnes existent vraiment. Il y a réellement des managers en carton pâte qui disent à leur équipes : ta pause dej saute, si tu dois vraiment manger, prends un feed.

on va voir en quoi c’est pourri: même l’entreprise Feed cherche à éviter cela comme le montre certaines de leurs réponses sur twitter notamment.

C’est ça qui me fume complet : une entreprise part d’un bon sentiment et devient le symbole de la mauvaise startup nation. Celle qui enchaine au bureau, harcèle, repousse toujours les limites de l’indécence… Bref, celle qu’on déteste.

En contrepoint, Feed, c’est aussi une entreprise qui semble avoir une culture assez forte, qu’on aime ou pas mais qui semble assez équilibrée, une entreprise qui cherche à améliorer le quotidien de ses clients et de ceux qui en ont besoin. J’ai eu du mal à avoir des infos sur ce qu’il se passe dans les bureaux. Je ne vais donc pas m’étendre là dessus.

c’est une entreprise qui n’hésite pas à donner de ses produits à ceux qui en ont besoin. Son CEO fait du mentorat et aime transmettre ses valeurs.

Alors du coup, tu vois bien le paradoxe : on a du coté une entreprise qui cherche à avoir un impact positif et de l’autre un produit de la même entreprise qui est devenu un outil d’aliénation.

Mais au fait, pourquoi je m’attache à te parler de ça ?

Tu sais que j’ai fait des études d’anthropologie. Dans ces études, on a tout un domaine d’étude autour de la nourriture, je te fais grâce des détails de ce champ d’étude passionnant pour t’apporter le truc qui tue.

Manger est un acte créateur de lien et de culture, c’est ce qu’on appelle la commensalité. Pour info, c’est ce qu’on appelle un fait social total, donc une pratique sociale qui touche toute la société et toutes ses strates.

Le fait de partager un repas est créateur de culture. Quand on est enfant, c’est un vecteur de socialisation et d’éducation. C’est là ou tu apprends le bon maniement des couverts, les bonnes manières et ce genre de choses.

Quand tu entres dans la vie pro, les temps de pause sont essentiels à la culture d’entreprise. Ton premier jour, tu en apprends plus sur la boite autour du repas que pendant le tour que pendant le processus d’entrée.

Au quotidien, tu vois des gens avec qui tu ne travailles pas, tu découvres leur vie et développe un sentiment d’appartenance à l’entreprise. Sentiment qui te permet de rester motivé car tu fais partie d’un collectif.

Alors attention, je ne dis pas que tu dois manger tous les jours avec tes collègues de travail et subir les blagues pourries de certaines et les weekend de merde d’autres. JE dis juste que le fait de manger a une fonction bien plus large que simplement un apport nutritionnel.

Revenons-en à feed.

Si feed te permet un apport nutritionnel, en gros t’en as pour 4 minutes pour déquiller ton repas et tu repars à la bataille. Tu fais ça une fois de temps en temps, pourquoi pas. Tu fais ça au quotidien il se passe 2 choses : tu te désocialise et tu te démotive.

Donc au lieu de devenir un bon élément dans ton entreprise, tu deviens la personne qui ne mange jamais et dont seuls ses collaborateurs directs connaissent quelque chose. Bref, tu sors du tissu social, le même tissu qui permet aux entreprise ordinaires d’obtenir des résultats extraordinaires.

Encore une fois, je ne ressens pas de haine envers feed. Je n’ai jamais consommé leurs produits et je ne me permets pas de juger l’entreprise en elle-même. juste pour moi ils représentent parfaitement l’ambivalence des startups . Ils cherchent à proposer une alternative qui leur semble désirable à un problème récurrent et à rendre le monde meilleur par leurs actions. Seulement ils finissent par devenir un outil d’aliénation.

Le problème étant que si on restait sur la disparition occasionnelle de repas en commun, tout irait bien. Le tissu social, la culture d’une entreprise est plus solide que cela. Mais dans les fait, l’époque nous mène droit vers des entreprises vides. On ne fait plus de team building parce que ça coute trop cher et que de toute façon, on est là pour bosser et pas pour faire du pédalo.

On ne fait plus d’apéro ou de temps hors horaires parce que Covid ou télétravail. On ne fait plus de repas ensemble parce que télétravail ou sujet sensible de woké « noel est une fête capitaliste » « paques c’est mal parce que le chocolat est le signe d’exploitation de la nature » et autres conneries.

Bref, encore une fois en parlant d’une belle entreprise, on en arrive à un point essentiel : la responsabilité.

Feed est responsable du message qu’ils font passer en disant que boire un repas de chez eux c’est manger. Ils ne sont pas responsables du fait que certaines personnes finissent par croire que c’est une solution pour gérer son temps efficacement.

Enfin, nous sommes tous responsables parce qu’à force de rogner sur les moment créateurs de culture : repas, apéros, session de team building… On finit par créer des entreprises sans âme qui vont crever dans un fossé.

Pour moi la question elle est vite répondue: tu veux faire une belle boite ? Inspire toi de feed l’entreprise, en tout cas au niveau extérieur, et pas feed le produit. Tu veux qu’en plus avoir une team homérique ? il est temps de canaliser ton chicandier intérieur et de faire un bel apéro, une bonne platrée de pâtes qui va souder tout le monde, sauf les sans gluten et bosse la culture de ton entreprise avec autant d’attention que tu pinailles sur ton BP et tout ira bien.

Au pire, tu m’appelles et on en parle.

Bisous

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